vendredi 18 novembre 2011

Débat des orientations budgétaires 2012

Ci-après, mon intervention lors du Conseil Municipal du 18 novembre 2011.

"Votre présentation de ce débat d’orientations budgétaires 2012 minimise le réel contexte de crise dans laquelle la France se trouve. L’exercice n’est certes pas facile, mais en tant que responsables politiques notre devoir est un devoir de transparence.

Transparence au plan international, vous parlez de turbulence et de morosité, tout cela est bien mince au regard de la réalité du contexte international.

LE CONTEXTE INTERNATIONAL : la rechute de l'économie mondiale

Suite à la crise bancaire et financière de 2008-2009, l'économie mondiale était entrée en phase de 
« convalescence », jusqu'au milieu de l'année 2011.

Les interventions coordonnées des principales puissances économiques, notamment au travers du G20, n’ ont pas permis de limiter les conséquences de la crise, parvenir à en éradiquer les racines. En particulier, la fragilité du système bancaire, induite par les mécanismes hypertrophiés de spéculation financière, a continué de peser sur l’économie réelle et s’est propagée aux échanges monétaires.

Parallèlement, l'augmentation des dettes publiques, renforcée encore par les politiques anticrises, n'a pas été enrayée et, après divers soubresauts, l'économie mondiale a rechuté.

Ce retour des turbulences économiques, courant 2011, a pris plusieurs formes :

- une crise des déficits publics et des dettes, spécialement en Europe ;
- une surchauffe des économies émergentes, avec des risques consécutifs d’inflation ;
- de fortes tensions sur les marchés des matières premières.

Les plus récentes prévisions relatives à la zone euro pour la fin de l’année 2011 et l’année 2012 anticipent un nouveau ralentissement de la production industrielle et une détérioration de la confiance des entrepreneurs et des consommateurs. La consommation des ménages devrait rester peu dynamique. Seul indicateur « positif », l’inflation devrait avoir tendance à décélérer, pour se situer autour de 1,3 à 1,5% par an.

La réponse générale à cette rechute a été la mise en place de politiques de rigueur, auxquelles la France n'a pas échappé.

LE CONTEXTE NATIONAL : une rigueur annoncée

Au milieu de l'été, le gouvernement, a à son tour, pris le virage de politiques restrictives sur le plan budgétaire. Elles ont en effet successivement annoncé des augmentations de prélèvements fiscaux et sociaux, ainsi qu'un plan d’économies budgétaires de 11 milliards d’euros sur 2012.

Et ceci, sans doute, sans prendre toute la mesure des conséquences de telles politiques : une véritable spirale cumulative de l'endettement et des restrictions.

Les prévisions de la Loi de Finances 2012, diffusées fin septembre, sont venues confirmer les orientations précédentes, et notamment :

- une croissance pour 2012 revue à la baisse, de 2,25% initialement à 1,75% désormais ;
Depuis la transmission des hypothèses de la loi de Finances, le contexte économique et donc les prévisions de croissance pour 2012 se sont encore dégradées, les économistes du
FMI tablant plutôt sur +1,40%, tandis que certains spécialistes (étude Reuters) n’hésitent plus à envisager le risque d’une stagnation, voire d’une récession, pour plusieurs pays européens dont la France.
- une dette publique estimée à plus de 1 600 milliards d'euros en fin 2012 ; soit 84% du PIB, avec une progression de 18% en 3 ans ;
- une baisse de la masse salariale de l’Etat, de 0,25%, présentée de façon surprenante comme un facteur positif, par le gouvernement ;
- et enfin, la confirmation du gel des concours de l’Etat aux collectivités jusqu'en 2014 (vous annoncez 2013) ; soit une baisse en volume de ces ressources, servant à financer les politiques de proximité au service des habitants.

A ce jour, les arbitrages budgétaires ne sont pas encore terminés et donc pas encore connus. On peut être certain que des ponctions supplémentaires soient faites.

LE CONTEXTE LOCAL : un territoire largement marqué par la pauvreté

La crise internationale et la rigueur au niveau national sont d'autant plus problématiques que le contexte local reste marqué par une structure socio-économique largement composée de populations à revenus modestes, avec des conséquences sociales préoccupantes.
De surcroit, il a bien été relevé dans l’analyse des besoins sociaux que des publics plus fragiles sont identifiés de manière très spécifique dans l'ensemble de la population :

• Revenu médian faible : 1 091€ par mois contre 1 511€ en moyenne nationale.
• 4 135 ménages drouais vivent sous le seuil de bas revenus, soit un total de 11 820 personnes.
• 2 030 personnes vivent sous le seuil des bas revenus, alors qu’elles occupent un emploi = travailleurs pauvres ( 19% des actifs, contre 7% en moyenne départementale). 3290 ménages où vivent 8930 personnes peuvent par ailleurs être considérés comme fragiles.
• 2280 ménages sont allocataires des minima sociaux fin 2009. Plus des ¾ d’entre eux perçoivent le RSA
• 3 sur 5 Drouais vivant dans un ménage à bas revenus ne bénéficient pas de la CMUC
• Les ménages les plus pauvres : les trentenaires, représentatifs des familles avec jeunes enfants. Concentrés sur le parc locatif, privé ou social.
• Familles à risque:
- Familles monoparentales: 27% des familles drouaises
- Familles nombreuses: 30% des familles drouaises sont composées de 3 enfants ou plus.
- Enfin, les mécanismes de ségrégation spatiale qui persistent, la précarité continue de se concentrer       sur les quartiers.

Ainsi, comme nous l’avons vu tout à l’heure, Dreux est parmi les 33 villes qui expérimentent la nouvelle version du CUCS. Parce qu’elle affiche des indicateurs socio-économiques de difficultés les plus sévères.

Dans ces conditions, soucieux des responsabilités qui sont les leurs, les élu-es doivent travailler dans un souci de cohérence, des politiques publiques et des dispositifs mise ne place et porter une ambition plus forte de solidarité en faveur des habitants, en renforçant les politiques sociales, d’accompagnement et d’éducation. Mais aussi les politiques culturelles et d’animation de la jeunesse.

De plus, on peut légitimement se poser la question de l’engagement financier qui est fait dans le projet cœur d’agglomération ?? Même si les crédits semblent inscrits au budget, ne doit-on pas faire preuve de prudence et de vigilance en redimensionnant ce projet ?

Evaluer la plus value d’un dispositif comme proximum, les dépenses engagées dans proximum le serait de toute façon."










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