Dreux, le 18 octobre 2011
Monsieur Gérard HAMEL
Député Maire
Mairie de Dreux
Rue de Châteaudun
28100 Dreux
Objet : DSP jeunesse
Monsieur le Député-Maire
J’ai noté avec beaucoup d’attention l’information que vous avez donnée lors du conseil municipal du 29 septembre 2011, précisant le retrait de la ville dans la DSP confiée à l’IFAC pour gérer l’animation des pré-ados/ados de la ville.
Cette information est passée dans la presse de ce jour, je souhaite porter à votre connaissance les éléments de notre réflexion sur la question.
Cette réflexion va au-delà de la reprise de ce service au sein de la ville de Dreux. Et si les « centres de loisirs ne fonctionnaient pas mieux avant », c’est à notre avis, pour plusieurs raisons (que je soulève évoquées lors de mes interventions au conseil municipal depuis la signature de la DSP en 2007) notamment l’absence de politique municipale de la jeunesse.
De notre point de vue, plusieurs indicateurs nécessitent le fait que soit formalisée une réelle politique de la jeunesse et que l’on considère les jeunes comme une ressource pour l’avenir et non un problème. Ses indicateurs doivent participer d’une politique municipale de la jeunesse clairement identifiée, portée par les élu-es. Ce qui est livré dans la presse semble peu ambitieux au regard de l’enjeu pour la ville de Dreux.
Il convient d’inscrire les jeunes dans la globalité du territoire. Une politique de la jeunesse est à penser dans son rapport avec les autres tranches d’âge, les jeunes et le territoire, les jeunes dans le territoire. L’analyse des besoins sociaux a pointé cela. De plus, on ne fait pas pour les jeunes, on fait avec les jeunes. Et pourquoi ? Parce qu’ils ont une expertise d’usage ; parce que faire avec eux, permet de les mobiliser et c’est le garant d’une action plus pertinente. Nous proposons notre point de vue et quelques indicateurs qui nous semblent être incontournables :
Un-e adjoint-e élu-e à la jeunesse, cette délégation est aujourd’hui absente dans le conseil municipal. Elle doit être créée, non confiée à la délégation d’une conseillère municipale. Un choix opérationnel clairement établi en direction de la jeunesse doit être fait par la municipalité. Il faut également que cette élue dirige une commission « jeunesse » en tant que telle et non un groupe de réflexion.
Cibler un territoire, une classe d’âge et un axe de travail : mettre de la méthode.
Il ne suffira pas d’ouvrir des équipements sans vraiment définir ce que l’on veut y faire; On y place des animateurs qui attendent le public et ont créé des projets au gré des demandes ou de leurs idées. C'est parfois pertinent, mais limité et surtout ne s’appuie sur aucune méthode. Car on se retrouve ainsi avec des locaux n’accueillant qu’un profil de jeunes (alors qu'il faut tenir compte des différences de générations, du sexe, des origines sociales, la sociologie démontrant depuis longtemps que les fonctionnements et attentes ne sont pas les mêmes entre enfants, adolescents et jeunes adultes, cet aspect a été pointé lors de l’analyse des besoins sociaux), très souvent issus d’un seul territoire (le quartier), avec un projet éducatif qui tourne en rond et ne résiste pas à une évaluation sérieuse. Définir le public, et donc toutes ses composantes, c’est garder en tête l’impératif de la mixité des publics et de l’accès au service public. Définir un axe de travail (culture, citoyenneté, éducation, insertion professionnelle...) c’est éviter de se disperser et ainsi travailler dans une logique de projet, avec un but à atteindre, des moyens pour y arriver, des échéances posées dans le temps et une possibilité d’évaluation et de feed-back.
Un budget digne de ce nom. Le retour à l’intervention publique à défaut de signer la Délégation de Service Public avec une association fera certainement augmenter les budgets, mais cela n’indiquera pas une revalorisation de l’action d’animation pour autant. Point très important concernant le budget, une provision permettant d'apporter des aides financières (ou des bourses) permettant à des jeunes ayant des projets de vie concrets de pouvoir être autonome (sommes inscrites au budget annexe du CCAS par exemple).
Une équipe professionnelle (BPJEPS, DEFA, DUT et autres diplômes au-delà du niveau V) avec des professionnel-les extrêmement qualifé-es et bénéficiant d’un budget formation important, et qui saura aller au-delà de la simple formation BAFA. Il faut également penser la formation des autres acteurs du terrain, car il est important de créer une synergie entre le service public municipal et le secteur associatif (sportif, culturel, humanitaire).
Une transversalité réelle entre les différents acteurs de la ville, partant du principe que le territoire est l’espace de vie des jeunes avec toutes leurs problématiques. Une politique de la jeunesse doit donc tendre à couvrir tous les aspects de la vie du jeune, sachant qu’ils sont tout différents et que ne doit pas être prise en compte que la prévention. Souvent énoncée, rarement pratiquée. Il ne suffit pas de dire « il faut communiquer entre nous et voir ce que nous avons en commun » si les interlocuteurs ne sont pas convaincus de cette transversalité. Il faut également sortir de l'empilement des dispositifs (CUCS, PRE...) et arriver à une logique territoriale et globale avec une instruction des dossiers et des financements dont la source serait unique (guichet unique dans le cadre d'un Projet Social de Territoire par exemple).
Une structure d’information de la jeunesse sur tout ce qui peut concerner les projets de vie, les loisirs des jeunes, les projets humanitaires... Le dispositif le plus connu et le plus efficace étant le réseau CIDJ avec ses BIJ et PIJ. Le principal intérêt de ces petites structures de proximité étant de réussir à faire venir presque tous les types de jeunes de la ville à un moment ou un autre.
Une participation, une place laissée à la jeunesse dans la vie démocratique de la ville en encourageant la participation citoyenne et la consultation dès le plus jeune âge, à travers le Conseil municipal des jeunes par exemple. Et ne pas restreindre la réflexion des jeunes aux seuls problèmes de jeunesse. L’émergence des nouvelles technologies et leur parfaite maîtrise par les jeunes, doit encourager la ville de Dreux à mettre en place des outils de communication numériques (sms par exemple). Et bien sûr, de laisser la place aux associations, en accordant des subventions au titre de leur fonctionnement général et non en les contraignant par une contractualisation. Ce qui n'interdit pas d'apporter une deuxième source de financement dans le cadre de projets spécifiques.
Un partenariat actif avec les institutions couvrant tous les secteurs de la jeunesse au niveau national, régional ou départemental (CAF, Jeunesse & Sports, MSA, Préfecture, ANPE, Mission Locale...). Le monde de l'entreprise ne doit pas non plus être ignoré. La jeunesse traverse quasiment la totalité des compétences et services d'une collectivité ; la mobilisation des acteurs doit donc être représentative de cette transversalité.
Monsieur le Député Maire, il ne peut pas y avoir d’action en direction de la jeunesse sans une véritable volonté politique qui tient compte de ses indicateurs et bien entendu des valeurs auxquelles nous sommes tous et toutes attaché-es en tant qu’élu-es de la République.
Je salue votre initiative et souhaite, que dans son prolongement une réelle politique de la jeunesse soit visible à Dreux.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député -Maire, l’expression de ma considération la plus distinguée.
Nora HUSSON
Parti Radical de Gauche
Conseillère municipale
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